L'année où la ville avait déneigé la partie sous le pont, vers le terrain de golf, les gens fréquentaient ce lieu surtout les fins de semaine. Un soir je suis allé patiner et jouer au hockey avec fiston Carlo. On n'y voyait pas grand-chose, seuls les lampadaires du pont nous éclairaient. Dans l'temps, il n'y avait ni salle de spectacle ni terrain de golf. Le coin était tranquille et peu de gens utilisaient cette patinoire naturelle, le soir à tout le moins. Profitant du fait que nous étions seuls, dans un de mes nombreux moments de folie, j'ai décidé de montrer à fiston que j'aurais pu faire une carrière de patineur artistique. Je me suis mis à faire des sparages de mon cru, simple axel, double boucles piquées. Cette figure fut ma plus grande erreur... Je partis dans les airs, tout croche, désorienté, la tuque sur les yeux, aveugle... L'atterrissage fut tout simplement catastrophique, sur le derrière, à deux coups de patin d'un monsieur qui nous est apparu soudainement dans la pénombre... Je vois encore cet homme me regarder d'un air ébahi, sourire en coin et les yeux ronds de Carlo, inquiet que son père ne soit blessé ailleurs que dans son orgueil. Son inquiétude était tout à fait légitime; j'ai marché en traînant de la patte au moins pendant une semaine, sans compter l'énorme bleu sur ma fesse droite.
Morale de cette histoire : Quand t'es un joueur de hockey, laisse faire les sparages...
Sparages : [Québec] [Familier] gesticulations. Faire des sparages.
- Ce mot s’emploie rarement au singulier.
Lo x
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