6 janvier 2013

Expédition dans l'imaginaire…


Chargé de mon sac d'équipement photographique, j'avance avec peine dans la forêt boréale. Une neige fine et abondante rend la visibilité difficile.

Pour occuper mon esprit et agrémenter le parcours, je laisse mon imaginaire projeter mon être dans un monde parallèle.

Arrivé au sentier de la forêt noire, j'entends les cris paniqués des sciurus vulgaris* à queue rousse, ces rongeurs alarmistes qui avertissent l’entourage de ma présence. Ils vivent près des tournesoliers, arbres dont le fruit est la mangeoire, une espèce de minimaison chargée de graines de tournesol. Concentrés à charroyer les graines dans leurs terriers, les sciurus vulgaris oublient de s'en prendre à moi. Ils parcourent les troncs la tête en bas, sautent de branche en branche, hurlant leurs craintes.

Je dois être vigilant, les parus atricapillus*, ces minis-ptérodactyles à tête noire et au comportement diabolique, rôdent à la tête des tournesoliers. Elles peuvent démontrer de l'agressivité et s'attaquer au casque à poil des explorateurs de pacotilles comme moi. J'aimerais tellement les prendre en photo. Mes espoirs semblent vains. J'entends leurs "tchic-a-di-di-di" tonitruer aux environs, preuve qu'elles m'ont repéré, mais je ne les vois pas.

Arrivé à la clairière des suifriers, je dois me méfier des ptérodactyles qui y planent. Ces ailés zélés tournoient dans les alentours comme vautour, à la recherche de nourriture. Ils préfèrent de loin le fruit des suifriers, une sorte de bloc de graisse et de graines mélangées, protégé par une cage quadrillée métallique. Je reconnais le picoides pubescens* à son long bec qu'il martèle frénétiquement sur le suif. Pour compétitionner son appétit vorace, il y a aussi la sitta canadensis*, volatile gracieux à la poitrine rousse, friande de suif.

Je continue mon parcours en longeant la mer Manicouagan. Parcourir ce sentier accidenté s'avère ardu. Mes sens doivent être aux aguets. La présence de nombreux lepus americanus* est évidente. Leurs empreintes dans la neige fraîche ne sont recouvertes que par celles des vulpes vulpes*, espèce de loup à queue rousse et aux crocs acérés, prédateurs du lepus americanus blanchâtre à grandes oreilles.

Après quelques heures de rêveries, mon pied trébuche sur la branche d'un bouleau agonisant. Me v'là ti pas sorti de ma torpeur. Retour à la réalité, tout aussi belle.

En janvier, au Boisé de la Pointe-Saint-Gilles, il n'y a rien de plus agréable comme expédition, pour un randonneur soixantenaire qui a de l’imagination.

Lo x

*Sciurus vulgaris : Écureuil roux
*Parus atricapillus : Mésange à tête noire
*Picoides pubescens : Pic mineur
*Sitta canadensis : Sittelle à poitrine rousse
*Lepus americanus : Lièvre
*Vulpes vulpes : Renard roux*Picoides pubescens : Pic mineur
*Sitta canadensis : Sittelle à poitrine rousse
*Lepus americanus : Lièvre
*Vulpes vulpes : Renard roux

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