7 février 2008

OTAN…

…en emporte le vent.

Le Canada est décidé à tout mettre en œuvre les efforts pour convaincre ses alliés de l'OTAN d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan.

L chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper, Ian Brodie, sera à la tête d'une délégation de hauts responsables canadiens qui se rendra à Paris en fin de semaine pour accentuer la pression sur le gouvernement de la France. Il pourrait être surtout question du transfert dans le sud de l'Afghanistan de 700 militaires français.

Pendant ce temps les États-Unis et le Canada ont tenté de convaincre jeudi, à Vilnius, en Lituanie, les autres membres de l'OTAN de partager leur fardeau et d'envoyer des troupes supplémentaires dans le sud de l'Afghanistan.

Cependant, si les représentants de Washington et d'Ottawa font valoir l'importance d'un renforcement du dispositif militaire dans le sud, les principaux pays visés par leurs demandes campent jusqu'à présent sur leurs positions.

« J'ai dit à mon homologue canadien que nous aiderions les Canadiens. Mais la solution ne dépend pas que de la France et tout cela doit se faire dans le cadre d'une réflexion globale » de l'OTAN, a déclaré Hervé Morin, le ministre français de la Défense, à l'issue de la première journée de réunion.

« Si j'ai un message à faire passer à l'opinion publique canadienne, c'est d'avoir un peu de patience », a-t-il ajouté après un entretien avec son homologue canadien, Peter MacKay.

Par ailleurs, l'Allemagne montre des signes d'exaspération à propos de critiques américaines à peine voilées selon lesquelles les soldats allemands se terrent dans le nord plus tranquille de l'Afghanistan.

Pour la chancelière allemande, Angela Merkel, qui rappelle que son pays possède le troisième plus gros contingent en Afghanistan, après les États-Unis et le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis font fausse route en classant les déploiements « entre différentes catégories de danger ».

Berlin compte quelque 3200 soldats dans le nord de l'Afghanistan, une région nettement moins instable que le sud du pays, et refuse fermement de modifier le mandat de ceux-ci. Les militaires allemands se consacrent essentiellement à une mission de reconstruction et de pacification.

Une alliance à deux vitesses

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, avait donné le ton mercredi, en disant craindre « que l'Alliance devienne une alliance à deux vitesses, dans laquelle certains alliés sont prêts à se battre et à mourir pour assurer la sécurité des gens, et d'autres qui ne le sont pas ».

Le Canada, lui, pourrait être obligé de se retirer d'Afghanistan dès l'an prochain si des renforts ne sont pas déployés dans la région de Kandahar. Le gouvernement minoritaire de Stephen Harper doit justement déposer une motion pour prolonger la mission canadienne à Kandahar conditionnelle à l'ajout de renforts d'autres pays de l'OTAN.

Le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, a quant à lui insisté sur l'importance d'un renforcement rapide des troupes dans le sud du pays. Qualifiant sa demande de « raisonnable » et de « non négociable », le ministre MacKay a confirmé que la coalition pourrait devoir se passer des 2500 soldats canadiens dès 2009 s'il n'obtenait pas un renfort de 1000 soldats.

En fait, une multitude de rapports indépendants font état de l'incapacité des milliers de soldats occidentaux à sécuriser et à stabiliser la région. L'année 2007 a été la plus violente depuis la chute du régime des talibans, en décembre 2001, les violences faisant dans le pays des milliers de morts, dont un grand nombre de civils tués par les soldats occidentaux qui peinent à s'adapter au rythme que la guérilla islamiste leur impose.

Craignant que les quelques gains engrangés au prix de lourdes pertes ne soient emportés lors d'une attendue offensive printanière des talibans, les États-Unis vont être forcés de déployer d'ici quelques semaines 3200 soldats supplémentaires pour appuyer les forces de l'OTAN dans le sud du pays.

P.-S. : L’OTAN est une alliance molle, sans la moindre solidarité. Il faut se rendre à cette évidence et considérer ce triste état de fait.

Lo x

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