Le souffle court,
je m’assois, tombe
m’écrase.
L’air nourri
difficilement mes poumons.
Un mal de tête
élance dans ma boîte crânienne,
au rythme accéléré
de mes battements de cœur.
Je suis exténué, vidé.
Je contemple plus bas.
Une brume épaisse
court à flanc de montagne,
l’escaladant rapidement.
Serais-je rattrapé bientôt?
Sur la droite,
de minuscules points noirs bougent,
les sherpas.
Le souffle court,
je me relève, au ralenti,
et grimpe en souffrance.
Pas le choix de continuer l’ascension,
malgré cet élancement lancinant
à la base du dos, mes orteils en compote,
et les ampoules brûlantes
sous la plante de mes pieds.
Ma bosse de chameau,
le petit sac à dos essentiel,
me tire vers l’arrière,
comme pour m’attirer
vers le précipice.
La dernière poussée
me vient de mon entourage,
ceux qui peuplent mes pensées
depuis le camp de base,
amours, famille et amis.
Surtout ne décevoir personne,
moi qui suis à cent trente pas
du sommet.
Mes vêtements mouillés
font leur travail;
la chaleur en sort,
et le froid attend,
près des velcros.
Compter mes pas,
prendre un rythme.
Mon esprit divague,
me protégeant ainsi
des douleurs qui
assaillent mon corps.
Quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux,
quatre-vingt-trois,
pause d’une minute,
j’écris le chiffre
de ce dernier pas
dans la neige durcit,
l’envie d’abandonner
m'effleure l'esprit,
encouragé par ma souffrance;
pas question!
Cent-vingt-sept, cent-vingt-huit,
le sommet.
Ce plateau dénudé
qui domine la région,
l’esprit,
l'envie de tous les aventuriers,
le temps de jeter un œil
en panoramique, en plongée,
meuble mes souvenances futures,
afin de ne jamais oublier.
Le brouillard de neige
vient fouetter
ce qui fut
ma cible, mon but, ma quête,
mon rêve.
Lo x
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