Au début des années 90, récession oblige, la mode était aux compressions tous azimuts pour les gouvernements et les entreprises, bien décidés à économiser de l'argent. Une étude vient maintenant mesurer les coûts sociaux de cette stratégie.
Selon l'Agence de santé publique du Canada, les compressions ont fortement alourdi le fardeau du système de santé au pays, engendrant des coûts additionnels allant jusqu'à 14 milliards de dollars par an.
L'étude révèle que l'accroissement de la charge de travail qui a résulté des compressions est le principal responsable de la hausse des coûts de la santé. Les consultations médicales pourraient d'ailleurs être réduites de 25 %, et les séjours à l'hôpital de 17 %, si on diminuait à cette charge de travail.
Le rapport se veut un « signal d'alarme » à l'endroit des employeurs et des gouvernements, qui illustre à quel point le fait de négliger la santé en milieu de travail et les problèmes de conciliation travail famille a un impact sur le système de santé.
Les auteurs invitent employeurs et gouvernements à alléger la charge de travail des Canadiens afin d'améliorer la santé de leur main-d'oeuvre et réduire le fardeau fiscal de leurs citoyens.
50 heures ou plus au travail
Les chercheurs ont constaté qu'un employé sur quatre passe maintenant 50 heures ou plus par semaine au travail, contre un sur cinq en 1991. Ils pointent du doigt les réductions d'effectifs qui ont laissé entreprises et gouvernements avec un nombre insuffisant d'employés pour faire le travail.
L'étude relève aussi que les Canadiens subventionnent, à même leurs impôts et le régime d'assurance-maladie, des pratiques de travail consistant à « faire plus avec moins », à accorder les promotions sur la base du nombre d'heures passées au travail, à fixer des attentes de performances irréalistes et à gérer à coups de crises.
« Ce sont les organisations qui emploient de telles stratégies qui doivent en supporter le fardeau financier, pas les contribuables canadiens », estiment les auteurs de l'étude.
La difficile recherche d'équilibre entre les exigences de leur travail et celles de l'éducation des enfants et des soins aux parents vieillissants constitue un autre facteur de stress pour les employés. Les femmes, plus vulnérables à ce type de stress, consultent plus souvent les médecins et fréquentent davantage les urgences des hôpitaux que les hommes.
Le rapport conclut que la société canadienne y gagnerait – mais peut-être pas les employeurs – si plus de Canadiens accordaient une plus grande priorité à la famille plutôt qu'à leur travail.
Agence de santé publique du Canada
P.S. Tout cela fait réfléchir...
Lo x
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