Les dissensions demeurent vives comme jamais
Norman Delisle
Presse Canadienne
Sherbrooke
Les dissensions demeurent vives comme jamais au sein du Parti québécois. Pour les calmer, le chef du parti Bernard Landry a proposé un plan en 10 points pour faciliter l'accès du Québec à l'indépendance.
Lors d'une réunion des 400 membres du Conseil national du parti, samedi dans les Cantons de l'Est, le député péquiste de Rousseau, François Legault, a fait distribuer une brochure de 48 pages qui rappelle l'ampleur de la défaite électorale d'avril 2003 et critique le parti tel qu'il est actuellement.
«Le Parti québécois n'offre pas actuellement, dans ce qu'il est et dans ce qu'il propose, des réponses satisfaisantes», écrit le député de Rousseau dans sa brochure.
M. Legault, tout comme la députée de Taillon, Pauline Marois, est un aspirant non officiel à la succession éventuelle du chef du PQ, Bernard Landry, si ce dernier venait à quitter son poste. La distribution par M. Legault de cette brochure, quelques heures avant que le parti ne lance son plan de relance de la souveraineté, a soulevé la grogne tant chez les partisans de M. Landry que chez Mme Marois elle-même.
«C'est choquant pour les militants», a commenté Mme Marois à l'endroit de François Legault.
La vice-présidente du parti, Marie Malavoy, a critiqué le ton utilisé par M. Legault dans son document. «On n'écrit pas le programme du Parti québécois avec des «Je», on l'écrit avec des «nous», a dit Mme Malavoy, face au fait que le texte produit par M. Legault était écrit à la première personne.
Plan en 10 points
Quant à M. Landry, il a court-circuité la manoeuvre de M. Legault en proposant lui-même un plan en 10 points pour promouvoir la souveraineté une fois que le PQ reprendra le pouvoir.
Ce plan comprend notamment la tenue d'un référendum sur la souveraineté au plus tard à la moitié du mandat où le Parti québécois sera au pouvoir, avec une question «claire simple et courte».
Ce plan comprend également l'adoption d'une constitution temporaire qui assurera la continuité de l'État de droit entre le moment avant l'adoption d'une constitution définitive par l'Assemblée nationale.
On y retrouve aussi un renforcement des symboles identitaires du Québec comme l'adoption d'un hymne national et l'envoi d'équipes aux couleurs du Québec aux événements sportifs internationaux.
Par ailleurs, le Québec proposera au reste du Canada un accord économique visant un partage équitable du patrimoine commun et une garantie de libre circulation des biens, des capitaux, des personnes et des services entre les deux pays.
M. Landry a précisé toutefois que cet accord ne constituait nullement une condition d'accession à la souveraineté pour le Québec.
La proposition de M. Landry devra toutefois être précisé, croit le député François Legault. Il reproche notamment à la proposition de M. Landry de ne pas présenter un cadre financier clair pour un Québec souverain, comme un «Budget de l'An I».
«Je souhaite que notre projet de pays soit très concret, rejoigne le monde et dise ce que la souveraineté changera dans la vie du monde», a réagi M. Legault.
Pour M. Landry, le parti doit éviter d'ici son congrès de juin 2005 «les débats stériles qui ne mènent nulle part et doit plutôt réaliser son projet de pays».
M. Landry était quelque peu nerveux lors de son allocution devant les membres du Conseil national, comme en fait foi un lapsus qu'il a échappé en disant que le rêve d'un pays du Québec «est illégitime» avant de se reprendre et de dire qu'un tel rêve est «légitime».
M. Landry s'est aussi moqué des deux autres formations politiques de l'Assemblée nationale. Le Forum des générations tenu cette semaine par le gouvernement libéral a démontré que Jean Charest est encore en train d'analyser ce qu'il doit faire alors qu'il se disait «prêt» à gouverner lors de la dernière campagne électorale.
M. Landry a aussi assombri la victoire adéquiste dans l'élection complémentaire de Vanier le 20 septembre dernier en disant: «Il vaut mieux perdre dans l'honneur que de gagner dans le déshonneur».
C'est probablement le deuxième vice-président du parti, Jean-François De La Chevrotière, qui a le mieux résumé la journée. «Le Parti québécois a un don pour s'auto-pelure-de-bananiser», a dit M. De La Chevrotière.
J'ai l'impression que les politiciens se promènent déjà en raquettes alors qu'il n'y a pas encore de neige...
Flo-cons...
Ça avance pas vite...en raquettes !!!
Lo x
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